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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 16:44

Mercredi 12 mars 2008 à 19h00
à la Tasca 
102 rue Ferrari - Marseille 5e  Tél. : 04 91 42 26 02


Après beaucoup de travail (...moi qui croyais que photographe etait un doux metier...!..) j'expose mes toutes premières photos

Je vous y attends dès 19h le histoire de feter ca ensemble !

A très vite

Caro

http://carolelargaud.blogspot.com/

 (donnez moi votre réponse avant le 11 pour qu'on ait assez de sangria pour tous !!)

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Published by Christine - dans Culture
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 22:03

C’est inépuisable. C’est une corne d’abondance, une machine à film et à fric. Stephen King a été adapté prêt d’une cinquantaine de fois, et a inspiré une foultitude de réalisateur. Un truc de malade… Kubrick, Carpenter, de Palma, Cronenberg en ont tiré le meilleur, Kasdan et certains tâcherons ont fait de vrais bides ( « Dream Catcher », « Peur Bleue »… ), la télé câblée américaine a profité et profite toujours de la manne, bref, Stephen King, en plus d’être un auteur ultra prolifique, est aussi la véritable poule aux œufs d’or des grands et petits écrans.

Un style simple, une construction narrative rôdée à l’extrême, plus qu’un génie de la littérature, King est surtout une formidable artisan plein d’idées géniales. Mais, bizarrement, peu de films arrivent à transposer sur pellicule des œuvres à priori si évidentes.

Le problème, c’est que King installe ses histoires sur des dizaines de pages avant de passer à l’action. Il nous conte des histoires qui offrent autant de possibilité d’adaptation qu’il y a de genre dans le cinéma. « Shining » est un chef d’œuvre indéniable, mais Kubrick n’adapte pas, il interprète.  Idem pour « Carrie », « Dead Zone »… Et lorsqu’on tente de coller au texte, lorsqu’on veut se plier au schéma très particulier de l’auteur, le format télé s’impose, et la qualité se perd dans des téléfilms fleuves ( « Rose Red », « LesTommyKnockers »… ). Non pas qu’ils soient réellement mauvais, mais plutôt qu’ils s’épuisent assez vite, et bénéficient d’un budget trop limite pour les visions de cauchemar qu’ils sont sensés nous délivrer.

Deux réalisateurs sont devenus les alter ego du King aux yeux du public, chacun dans son registre. D’un côté, Mike Garris, Monsieur « Masters of Horrors » ( une anthologie télé regroupant des vétérans de l’horreur comme Landis, Carpenter, Argento… ), qui préfère quand ça saigne, un fan de l’auteur dans sa version horreur. Puis il y a Frank Darabont.

Après avoir été un scénariste de série B à tendance Z ( « Freddy 3 », le remake du « Blob », et « la Mouche 2 », que du bon ! ), il prend tout le monde à contre pied en réalisant en 94 « Les évadés »,  avec Tim Robbins et Morgan Freeman, rejoignant ainsi Rob Reiner et son très beau « Stand by me » ( 1986, ben vouais, ça rajeuni pas tout ça… ), les deux préférant promouvoir un aspect moins commun de la bibliographie de King, sans vampires ni dimension parallèle.

1999, Darabont remet le couvert avec autant de succès en tournant « La ligne Verte », toujours dans une veine plus intimiste que fantastique, puis il semble arrêter sa fixation sur l’écrivain du Maine… jusqu’à « The Mist ».

Plus technicien qu’auteur, son classicisme servait à merveille ses deux précédentes adaptations, mais montre ses limites dans le cadre d’un film beaucoup plus ouvertement fantastique… ce qui pousse Darabont à  ramener son film vers l’intimisme. Vous me suivez ? Pas grave, on reprend.

Darabont aime poser des situations fortes, regarder ses personnages se démener avec leurs consciences, et, sans pour autant pondre des chefs d’œuvres, nous livrer des films honnêtes. La trame de base de « The Mist » ne pouvait que lui plaire : une cinquantaine de personnes se retrouvent bloquées dans un supermarché par un brouillard cachant des créatures monstrueuses. Elle lui plait tellement qu’il déroge à la règle que semblait avoir gravé dans le marbre la grande majorité des précédentes adaptations de Stephen King : Darabont emprisonne les protagonistes au bout d’une quinzaine de minutes, là où les autres étalés les présentations sur un bon tiers du métrage.

Puis il lance la guerre psychologique… Ceux qui veulent fuir contre ceux qui veulent se terrer, les faux courageux vraiment cons contre les braves obligés d’être fort, les croyants contre les non croyants… Les possibilités sont immenses, et force est de reconnaître que Darabont maintient le tout avec une véritable maîtrise. Si grande d’ailleurs que le film perd de sa force lorsque le surnaturel entre en jeu. Comme si les créatures ( du reste assez bâclées visuellement ) ne l’intéressaient pas vraiment, tant la force de la situation est suffisante sans y inclure l’élément surnaturel. Le réalisateur ne commet pourtant pas l’erreur de totalement foirer leurs différentes apparitions mais elles ne réussissent vraiment à nous scotcher au siège que lorsqu’elles sont rattachées à cette fameuse dimension humaine ( l’attaque dans la réserve est d’ailleurs une leçon d’équilibre entre psychologie et horreur brute : magistral ).

Mais si le film devait rester dans les mémoires, ce serait grâce à son final. Sans être une parfaite réussite ( le superbe titre des Dead Can Dance, « The Host of Seraphim », en plus de ne pas être un choix très judicieux,  est en plus coupé en plusieurs segments qui l’amputent totalement de sa force dramatique ), il fait montre d’une noirceur, et, surtout, d’un cynisme incroyable. Beaucoup utilise ces termes à chaque fois qu’un réalisateur décide de zapper le bon vieux happy end. Darabont va beaucoup, mais alors beaucoup plus loin que la quasi totalité de la production américaine ( mondiale ? ) actuelle. Maladroitement, il nous livre sa déclaration d’amour désespérée à l’être humain : VOUS êtes les fautifs, VOUS vivez dans votre monde fait de paranoïa, VOUS n’avez plus d’espoir. Comme un enfant pointant le canon de son arme sur sa tempe sous les yeux de ses parents pour leur prouver qu’ils l’ont poussé à ce geste désespéré. Maladroite, cauchemardesque, et ultime, la fin que nous livre Darabont nous pousse à le respecter. Bravo.

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Published by Alain Cochois - dans Cinéma
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 18:32

A peine trois films sortis sur l’actuelle guerre en Irak, et déjà, la machine semble tourner à vide. Epuisé par la grande vague de films sur le Vietnam, le cinéma américain n’arrive pas à retrouver l’inventivité, la force, le pouvoir de dénonciation de l’époque. Parce qu’il n’y a plus de réalisateurs de la trempe d’alors ? Pas vraiment : bien qu’effectivement, il y a eu une grande perte de créativité de l’autre côté de l’Atlantique, il reste suffisamment de bons metteurs en scène et scénaristes pour tenir encore quelques temps. Parce qu’il n’y a plus grand chose à raconter ? Oui et non : on pourrait transposer beaucoup d’histoires inspirées du Vietnam au bourbier irakien, les redites sont donc inévitables. Mais certains sujets sont éternels, et ne doivent pas être jetés aux oubliettes sous prétexte qu’ils ont été maintes fois traités.

Hasard des calendriers ou volonté des distributeurs, « Redacted » de Brian de Palma sort dans nos salles quasiment en même temps que « Battle for Haditha ». Même sujet ( les exactions des GI en Irak ), même approche ( faux documentaires / témoignages ), et à l’arrivée, deux films bien, bien différents. Brian de Palma a toujours été un cinéaste voyeur : « Body Double », « Blow out », « Snake eyes », celui qui fut un temps vu comme le digne enfant de Hitchcock a joué, et parfois avec un génie réel, avec presque toutes les variantes de la notion de point de vue. « Redacted » suit la même logique, la poussant à l’extrême : tout ici est utilisé comme moyen narratif. Internet, caméscope, caméra de surveillance, documentaire, chaque source est une pièce de puzzle apportant un point de vue, un témoignage, à l’édifice. La notion de séquence est donc doublée d’un artifice de prise de vue, qui pourrait presque être lu comme suit ; au lieu de l’éternel « Séquence 1 – caserne – intérieur jour », il faudrait ajouter l’annotation « Caméscope ». Le film devient exercice de style, de Palma nous servant un bien beau cours de montage, réussissant à maintenir une chronologie avec ce procédé casse gueule.

Mais l’émotion dans tout cela ? Car comment immerger le spectateur dans la vie de cette garnison de GI si nous sommes continuellement présents ? Le réalisateur assume la présence de la caméra, et il l’impose donc à ses personnages, par le biais du GI Alvarez, jeune troufion faisant l’armée pour entrer en fac de ciné, et filmant tout en vu de monter son « journal d’une guerre ». De ce fait, impossible pour les autres de faire comme si elle n’était pas là, et beaucoup de séquences ne sont au bout du compte qu’un témoignage tronqué par sa présence. Du coup, de Palma est obliger de tricher un peu pour les deux séquences principales du métrage ( la mort d’un Sergent et la fameuse scène de la bavure ) : il fait en sorte qu’Alvarez soit oublié, il le met un peu hors action, bien conscient qu’un minimum de distance est nécessaire. Et les deux séquences d’être celles qui fonctionnent le plus, celles qui tétanisent, qui horrifient.

Quid du reste ? Un catalogue des moyens de communications modernes, une neutralité qui noie un peu la force du message dans un défilé de changement de grain, de cadre ( docu filmé avec un peu trop de classe, puis le caméscope, passage par le net, détours par le reportage télé, ça fatigue à force ), et impression qu’au bout du compte, « Redacted » se rajoute à la déjà très longue liste des films sur la guerre, quelle qu’elle soit, où qu’elle soit…

Exercice de style plus qu’œuvre de cinéma, le film souligne surtout l’obsession de son réalisateur pour le média comme témoin d’une époque. Il pose aussi une question dérangeante : qu’elle est donc la différence entre cette guerre et toutes les autres ? « Jarhead » avait donné un nouvel éclairage ( sur la précédente, toute fois ), en nous expliquant qu’on y passait plus de temps à attendre que dans toutes les autres. « Dans la vallée d’Elah », lui, nous avertissait : la guerre peut révéler des aspects noirs dans le cœur de nos fils et/ou frères envoyés au combat. Mais est ce bien nouveau ? Comment arriver à maintenir l’intérêt des spectateurs pour un thème si présent dans nos cultures qu’il en est presque banalisé ? « Redacted » n’apporte pas la réponse, et c’est ce qui fait qu’il sera oublié d’ici quelques mois, à la différence d’« Apocalypse Now » de Coppola, « Fullmetal Jacket » de Kubrick, et peut être bien, dans une moindre mesure toute fois, « Dans la vallée d’Elah » de Paul Haggis. Des films au message pacifiste similaire, mais indéniablement plus puissant.

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Published by Alain Cochois - dans Cinéma
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 09:01
Le 21 mars prochain,

l'Agence de Voyages Imaginaires fête sa naissance !

- Mais c'est qui la Cie Philippe Car / Agence de Voyages Imaginaires ?

- C'est la moitié de Cartoun Sardines Théâtre, compagnie séparée en deux en 2007 !

- Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'ils font ?

- Pareil... mais en différent ! Vas-voir leur site : www.voyagesimaginaires.fr

Et rendez-vous le 21 mars à l'heure de l'apéro, chez SudSide (Cité des Arts de la Rue - 225 avenue des Aygalades - 13015 Marseille), là ils expliqueront tout !


Cie Philippe Car, Agence de Voyages Imaginaires

2 Route du Beau Soleil - L'Estaque - 13016 Marseille

06 08 67 07 26 / 09 64 31 36 60 - www.voyagesimaginaires.fr

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 08:55

PROGRAMMATION GUIMIK GALLERY

 

43 Rue Sénac 13 001 Marseille

 

 

 

 Guimik acoustik : Pense-Bête> chanson française < http://pensebetelegroupe.free.fr

 

Le projet Pense-Bête débute en 2006. L'envie d'explorer la chanson française de manière épurée conduit Jacques Andrieu (chant, accordéon & guitare), Nicolas Bihler (guitare & chant) et Pierre Lacube (contrebasse & choeurs), à former un trio acoustique.

 

L'identité de Pense-Bête se forge sur la personnalité de l'écriture de Jacques : des textes en français engagés, humoristiques et sensibles. Les musiciens distillent swing manouche, valse, reggae, musique de l'est, du Maghreb? Posant ainsi le décor des histoires contées, dans une interprétation sincère et sans fard qui crée l'espace où se retrouvent les artistes et ceux qui les écoutent.

 

En 2007, le groupe se produit aux côtés d'artistes reconnus : Raoul Petite, Poum Tchack, Titi Robin, Les Hurlements de Léo, Mass Hystéria, Karpatt, 10 rue de la Madeleine. Le projet de développement du groupe se concrétise grâce au partenariat qu'il entame avec la Salle du Grenier à Sons. C'est l'occasion pour le trio de rencontrer de nouveau partenaires : Fred Radix pour la mise en scène, Josué Rauscher pour le graphisme

 

 

Guimik Expo : Photos et diaporama de Cedric Chort, photogrpahe

 

Et jusqu'au 31 Mars : Exposition permanente de Virginie Biondi, palsticienne

Dates à venir :

 Vendredi 14 Mars

Gumik Acoustik : NICHOLSON (French Pop)

 

 Vendredi 21 Mars

Gumik Acoustik : CLYDE (Chanson Pop)

 

 Vendredi 28 Mars

Guimik Acoustik : SAMUEL (Pop Rock)

Guimik Expo : Exposition photos de Denis Dalmasso

Accès : 5 Euros par soirée ou adhésion de 20 Euros par an

Merci de confirmer votre venue par email :

guimik@guimik.org

Télécharger le dossier de presse sur

www.Guimik.org
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Published by Christine - dans Concert
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 18:14

Ca fait quelques temps déjà qu’à chaque fois que je vais voir un film des frères Coen, je ressors de la salle entre la tristesse de voir tant de talent gâché et la sensation d’avoir été une nouvelle fois dupé. 10 ans  (depuis « The Big Lebowski ») que les deux frères n’ont pas enfanté de long digne de leur niveau. Bien que « O’ Brother » et « The Barber » n’était pas honteux, ils n’avaient pas la folie d’un « Arizona Junior », la puissance d’un « Barton Fink », ou la noirceur d’un « Fargo ». Et « No Country for Old Men » fut. Un retour en force, un bijou, un film qui nous fait presque oublier les honteux « Intolérable Cruauté » et autres « Ladykillers ».

Llewelyn Moss, un cowboy texan, tombe par hasard sur charnier en plein désert : apparemment, un deal de drogue entre mexicains aurait mal tourné. Et bien entendu, impossible pour lui de laisser sur place les 2 millions de dollars…

Les frères Coen nous avaient déjà servi du film noir, et ce à presque toutes les sauces : burlesque, humour à froid, classique… Le polar reste certainement leur domaine de prédilection, une corne d’abondance d’où ils semblent pouvoir tirer toujours le meilleur d’eux même. C’est donc logiquement qu’on se met à penser à « Blood Simple » et « Fargo ». Mais “No Country” demande peut-être plus de patience, impose un rythme plus lent. Non pas parce que l’histoire, ou les personnages s’y prête ( « Fargo » jouait lui aussi sur le même rythme, mais provoqué par le personnage de Frances McDormand, tout comme celui de Billy Bob Thorton dans « The Barber » ), mais parce que Joel et Ethan ont besoin de cette fausse lenteur de narration pour nous amener là où ils veulent.

Tout est donc imbriqué autour de cette pierre angulaire qu’est le rythme. Les personnages observent, tentent tant bien que mal de planifier, de comprendre. Ils perdent du coup un peu de cette saveur particulière, de cette folie douce qui planait sur leurs prédécesseurs. Pour ne pas trop sombrer dans la banalité, ils donnent tout de même à Javier Bardem son rôle le plus barré à ce jour. Mais ils le canalisent, le glissent dans un univers aux repaires plus évidents. Par le biais d’une mise en scène plus contemplative qu’actrice, ils donnent à leurs personnages l’espace suffisant pour prendre le temps d’exister.

Puis il y a la musique, ou plutôt, l’absence quasi totale de musique. Du coup, ils nous forcent à écouter, ils distillent des sons de ci de là comme on égrène un scénario d’indices furtifs. D’abord déstabilisant ( les plages de silence sont légion ), le stratagème atteint très rapidement son but : nous voilà comme Tommy Lee Jones ou Josh Brolin, en train de scruter l’écran et tendre l’oreille. Les pas dans le couloir, bien que lointain, deviennent d’autant plus inquiétant, et le bip du transpondeur fait augmenter la tension avec la même efficacité que les accords de violon des « Dents de la mer ».

Enfin, et surtout, l’histoire est linéaire et avec très peu de 2nd degrés. Il y aura toujours dans les films des frères Coen  deux ou trois dialogues frôlant l’absurde, des plans plus poétiques que réalistes, mais dans « No Country », ils permettent surtout de mettre en exergue la stupide absurdité de la vie. L’action y est brute, sanglante ( bien entendu ), et l’attente de celle ci devient du coup de plus en plus insupportable. Les personnages ne subissent pas ( ce qui différencie le plus le film de « Fargo », par exemple ), ils tentent d’agir au mieux, parfois la fuite l’emporte sur la confrontation directe, parfois c’est l’inverse, mais jamais nous ne les sentons pantins pris dans leur misérable condition. Ethan et Joel signe du coup un grand retour à leur premier film, « Blood Simple », avec tout le savoir faire accumulé durant plus de 20 ans de mise en scène.

Alors, une fois l’ensemble accordé, une fois le ton donné, l’œuvre prend son envol. Et après tant d’années à filmer l’absurde par l’absurde, ils filment de nouveau la vie, et elle l’est tout autant. Oubliez ce titre français stupide et réducteur : l’original vaut toute les conclusions possibles à ces quelques lignes, et délivre à lui seul le message que semble vouloir nous faire passer les réalisateurs : « No Country for Old Men ».

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Published by Alain Cochois - dans Cinéma
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:47

Je vais peut être lancer un pavé ( bon, allez, un galet tout rond ) dans la mare ( ok, le dé à coudre ), mais pour moi, ceux qui aiment Tim Burton n’aime le gothique qu’à travers le filtre édulcoré du monde merveilleux de Disney… Non, c’est  vrai, bien que réalisés avec une très grande maîtrise technique, ses principaux films à ce jour ne sont rien d’autres que de très beaux enfantillages. « Edward scissor’s hands » un splendide conte de fée, « Beetlejuice » un film flashy pour grands enfants, et même « Sleepy Hollow » n’avait qu’une noirceur somme toute gentillette. Burton est un gamin doublé d’un excellent réalisateur, mais certainement pas le grand maître de l’horreur à l’anglaise.

Puis voilà que notre homme commence à faire des entorses à son propre univers. « Big Fish » gardait encore les traits propres à ses anciens films, mais Burton y avait cette fois laissé transparaître une humanité qui faisait jusqu’alors assez défaut. Le film est à moitié conspué par ses fans les plus fervents, tandis que d’autres ( et j’en fait parti ) y virent le meilleur de sa carrière.

Par la suite, Burton nous pond un « Charlie et la chocolaterie » assez mou du genou et convenu, et des « Noces funèbres » se voulant être dans la suite logique de son « Etrange Noël de M. Jack ». Bref, que du bien convenu, propre, très bien réalisé mais sans le charme et la folie de ses principaux méfaits.

Or « Sweeney Todd » change totalement la donne. Comme si Tim Burton avait décidé qu’il était enfin temps pour lui de faire son grand film gothique. Il met les pendules à l’heure avec un générique qui lui permet de rappeler son travail précédent ( surtout « Sleepy Hollow » ), pour ensuite nous balancer au visage, un plan splendide et sombre d’un bateau entrant dans le port de la ville. Voilà ce que je faisais, et maintenant, voilà ce que vous allez voir. Car une fois sa mise au point effectué, rien ne semble lui être interdit. Même adapté une comédie musicale, exercice périlleux.

Là où les parties chantées d’un « Charlie… » semblaient être posées au milieu d’un film classique, celle de « Sweeney… » font d’un drame classique une tragédie chantée. Là où le chevalier sans tête offrait un gore gentillet dans une esthétique très léché, son barbier Sweeney Todd donne dans une violence non feinte, passant même par une hargne saisissante. Là où ses anciens méchants prêtaient plus à sourire car assez caricaturaux, son Juge Turpin ( Alan Rickman, immense, enfin, égal à lui même ) nous gêne, nous donne des sueurs froides. Là où le romantisme l’emportait autre fois, il nous sert un final nihiliste, abyssal, balançant même à la trappe une intrigue secondaire à la fin plus heureuse, qui aurait pu alléger le ton. Tim Burton aborde enfin ses thématiques de manières frontales : la pédophilie ( si, si, dans un film de Burton ! ) et la perversion suinte de toutes les pores de Turpin, la haine et la misanthropie est dans chaque mot, chaque mouvement de Deep, et l’amour aveugle et égoïste colle au personnage de Mme Nellie Lovett. Burton nous prouve qu’il sait faire des films très adultes, puissants, qu’il a un vrai sens de la tragédie. Et tout cela fait de « Sweeney Todd » son meilleur film à ce jour avec « Big Fish », renouvelant son univers tout en gardant ses fondamentaux : une mise en scène inventive, des personnages décalés et grimés, voir même, lors d’une succulente séquence « comique », un retour à des couleurs chatoyantes.

Cela fait donc deux fois que Burton se frotte au monde des adultes. « Big Fish » avait été un chant d’amour splendide d’un père à son enfant tout juste né. Quid de la raison de ce « Sweeney Todd » ? Une envie de faire un autre cinéma né de l’ancien, j’espère, car vu la noirceur enfin assumée du film, si elle est de nouveau autobiographique, j’ose à peine imaginer le drame qu’est sa vie privée…

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Published by Alain Cochois - dans Cinéma
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 10:14
Il est toujours bon de faire partager des films que l'on a aimé mais il est peut être encore plus recommandable d'informer ceux dont on peut se dispenser. Je vous dirais donc que le film "PS : I love you" est long, très long, voir très très long quand on est dans une salle remplie de monde et que vous avez des gouttes de sueur qui coulent de votre front mais vous ne pouvez pas partir car le film n'est pas encore terminé. C'est un film nunuche, on s'y attendait certes, mais peut être pas autant. Le comédien Gérard Butler est très très lourd avec son sourire pour soit disant nous charmer, Hilary Swank nous avait habitué à des rôles plus construit et intéressant. Vous l'aurez compris, vous pourrait attendre que le film passe à la télé et pour ceux qui n'ont pas de télé vous pourrez attendre d'être dans une chambre en maison de retraite pour le visualiser

Rémy

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Published by Emmanuelle - dans Cinéma
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 10:10

Cédric Klaspisch nous filme si bien Paris qu'on aurait presque envi d'y vivre mais il filme surtout un moment de vie de quelques parisiens avec leur joie, leur peine, leur doute, leur culot, leur rire, leur désir et leur émotion. Les comédiens sont bons, Juliette Binoche dégage toujours autant de naturel qui lui vaut d'être attirante et admirable, Karine Viard qui n'a plus rien à nous prouver en tant que comédienne nous met encore une claque avec son rôle de bourgeoise égoïste et éprisante, Fabrice Luchini nous offre un petit déhanché de reins sur un rock and roll qu'il en devient terriblement drôle et nous prouve qu'il s'est faire autre chose que parler, Romain Duris plus discret et effacé dans ce film que dans les films "L'auberge espagnole" et "Les poupées russes" mais toujours aussi juste, et sans oublier tous les autres petits rôles qui méritent leur place. C'est un film simple, nature, sans chichi où l'on partage une tranche de vie avec eux. Et pour ceux qui ont une sensibilité particulière au piano, sachez qu'à plusieurs reprise nous entendons la "gnossienne n°1" de Erik Satie, peut on être humain d'ailleurs quand on ne se laisse pas emporter par les quelques note de Satie?...

En résumé c'est un film que j'ai aimé

Rémy

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Published by Emmanuelle - dans Cinéma
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:02

Moi, j’aime bien Sylvester Stallone. Et je ne parle pas de sa filmographie qui a fait rêver plus d’un ados maigrichon à lunettes, mais du personnage Sly. Un dinosaure. Un véritable monument. Et un mec sensible, en plus, même quand il dégomme du Birman comme dans un épisode de Doom. Parce qu’il est vachement lucide notre étalon italien. Il assume totalement son statut de tas de muscle régnant en maître sur le cinéma d’action du début des années 80 à celui des années 90. Mais il pensait toujours avec une grande nostalgie à ses films plus matures que sont « Rocky » ( 1976 ) et « Rambo : first blood » ( 1982 ). C’était avant qu’il ne devienne un pur héros Reaganien, le symbole d’une Amérique belliqueuse et ultra puissante.

On pourrait d’ailleurs s’arrêter là, laisser Stallone dans la catégorie des décérébrés bourrés de testostérones. Car, au bout du compte, que reste t il de lui dans l’inconscient collectif ?

Il est tout de même préférable de remettre les pendules à l’heure. Non pas pour Rocky premier du nom : il est toujours, à ce jour, vu comme un bon film, et pour certain, le meilleur de la filmographie de Sylvester. Mais quid de Rambo ? Comme « Massacre à la tronçonneuse », le mythe a dépassé la réalité. De la même manière que beaucoup de personnes prétendent avoir vu le film de Tobe Hopper, et se le remémore plein de sang, de meurtres et de tortures. Tout l’inverse de ce chef d’œuvre où tout se passe hors champ, où les fameux hectolitres de sang ne sont jamais versé face caméra. Le traitement actuel du 1er Rambo de Ted Kotcheff est du même acabit. Bien aidé, il est vrai, par deux suites minables et au discours très limites, « First blood » n’en est pas moins revu continuellement par le prisme d’un inconscient alimenté par le cynisme affilié au film de Stallone. Sans être un grand film, « Rambo I » est, sans aucun doute, un très bon métrage, anti-guerre et d’ailleurs très mal reçu en son époque par le public américain.

Qu’en est il du dernier en date ? Il sera très certainement mal perçu par un grand nombre des spectateurs… parce que hors contexte réel. Le choix de la Birmanie aura au moins l’avantage de dissocier Rambo de la logique américaine, voire de s’y opposer : les USA n’ayant aucun intérêt dans le coin, pourquoi y intervenir ? Et voilà notre héros posé comme dernier espoir de ces pauvres humanitaires pris en otages par la junte locale.

Mais nous avons tendances à oublier que Stallone ne fait pas un film à message, mais qu’il clôture la vie d’un personnage très malmené par deux suites atroces et fascisante. Il veut à la fois ( et avec une tendresse évidente ) réhabilité son héros, mais aussi refaire un film d’action comme on en fait plus.

Ca fonctionne à merveille pour ce qui est du film en soit. On a un sourire béat en revoyant  cette bonne vieille gueule d’asocial qui souffre à l’idée de devoir en placer une, et on a rarement vu un tel classicisme de mise en scène au service d’un scénario de grosse série B ( la forêt y est parfois splendide, les scènes d’actions toute à fait lisibles, et la tension monte de manière inéluctable ).

Mais depuis tant d’années, on a oublié qui est notre héros. On a oublié son nihilisme, sa misanthropie. Et, surtout, sa violence extrême. Ce sont les suites qui ont donné à Rambo sa couleur patriotique. Ceux sont elles qui ont squattées l’inconscient collectif. Le vrai Rambo est tout autre. S’il tue, c’est parce qu’il est fait pour çà, parce que l’homme à ses yeux est nuisible. C’est comme cela que Stallone voit son personnage. Et pour le sauver, il faut qu’il lui donne et une cause pour laquelle se battre, et un débordement de violence tel qu’il en soit écœuré. La cause est facile : l’aide humanitaire en Birmanie. Quand à la violence, elle apparaît en premier lieu sous la forme de soldats sadiques, qui tuent femmes, vieillards et enfants sans discernement.

Le piège se referme alors sur Stallone / réalisateur : en  surchargeant l’horreur du génocide Birman, il le caricature presque. Non pas qu’elle soit fictive, car les exactions sont bien réelles, comme le montrent les images du générique du film, piqûres de rappel des atrocités commises dans la plus grande impunité. Mais à trop vouloir préparer le terrain à la renaissance de son personnage, il tend le bâton à ses détracteurs pour se faire battre. Car, outre la violence des méchants, c’est le paroxysme atteint lors d’un final d’une incroyable longueur et d’une hargne inouïe qui est apte à soulever le plus d’indignation. Stallone est un pacifiste convaincu, et pour lui, le meilleur moyen de combattre la plaie de la guerre, c’est de la montrer dans toute son horreur. Cette séquence de plus d’un quart d’heure, c’est l’intro d’ « Il faut sauver le soldat Ryan » version jungle et commando. C’est un tuerie sans nom, un massacre filmé au plus prés. C’est l’exorcisme d’un homme dont la violence et l’art de la guerre contenus doivent impérativement exploser pour atteindre une paix intérieure.

Et il faudra attendre la fin du massacre pour comprendre la volonté de Sly : cette femme pour laquelle il s’est battu ne lui adresse que des larmes d’incompréhension lorsque carnage touche à sa fin. Ces longs plans sur les cadavres amoncelés, déchiquetés, n’ont pas le lyrisme des fins de films de guerre qui sentent le parfum du devoir accompli. Tout n’est que gâchis.  Douleur.

Mais c’est ce qui permets à Rambo ces dernières images de paix, son retour au bercail plein d’une sérénité en totale contradiction avec la fureur des images précédentes.

Que fera alors l’inconscient collectif de ce film hors du temps et des modes ? Lorsque je suis sorti de la salle, des jeunes derrières moi se tapaient dans les mains en se remémorant ce grand truc trash. Dans la salle, les spectateurs riaient du silence monolithique de ce bon vieux con de Rambo. Pas de tendresse pour mon asocial préféré. Pas de recul face à la violence. Non, « John Rambo » risque fort de se retrouver ranger aux côtés des honteux II et III. Et Stallone de rester le gentil dinosaure maladroit . Personnellement, je lui dis plutôt merci d’avoir voulu libérer son Rambo, le vrai, le seul digne d’exister.

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Published by Alain COCHOIS - dans Cinéma
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