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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:27

Bonjour,

Je ne sais si vous avez déjà eu l'info, le maïs transgénique MON810 sera dans les champs fin février, son pollen est impropre à la consommation humaine. 

 
En 2011 les apiculteurs espagnols se sont retrouvés avec du miel invendable, en France c'est pour ce printemps 2012.

Pour l'instant le nombre de signatures est insuffisant.
 
http://www.ogm-abeille.org/#petition

 


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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 09:42

Le texte relatif aux "certificats d'obtention végétale" a pour objectif d'instaurer le versement d'une redevance pour l'utilisation des semences, déjà appliqué pour la culture du blé tendre.AFP/MYCHELE  DANIAU

Dans le champ de l'agriculture, l'usage libre et gratuit des graines ne sera bientôt plus qu'un doux souvenir rappelant des méthodes paysannes d'un autre temps. Surnommées "semences de ferme", ces graines étaient jusqu'alors sélectionnées par les agriculteurs au sein de leurs propres récoltes et replantées l'année suivante.
Depuis plusieurs décennies, ces pratiques n'allaient déjà plus de soi lorsque ces semences étaient protégées par un Certificat d'obtention végétale (COV) à savoir le droit de propriété des "obtenteurs" de l'espèce. Ressemer ces graines était théoriquement interdit. Mais cet usage demeurait, dans les faits, largement toléré en France. Il est désormais strictement réglementé par une proposition de loi UMP adoptée lundi 28 novembre par le Parlement.
 

"Sur les quelque 5 000 variétés de plantes cultivées dans le commerce, 1 600 sont protégées par un COV. Ces dernières représentent 99 % des variétés cultivées par les agriculteurs", explique Delphine Guey , du Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS). Or, environ la moitié des céréales cultivées étaient jusqu'ici ressemées par les agriculteurs, selon la CNDSF <http://www.semences-fermieres.org/>  (Coordination nationale pour la défense des semences fermières). Presque toujours illégalement, donc. Mais le temps de "l'incertitude juridique" semble révolu : pour le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, ces semences "ne  peuvent pas être libres de droit, comme elles le sont aujourd'hui".
 

  • Ce qui change

En fait, la proposition de loi <http://www.senat.fr/leg/ppl09-720.html>  du sénateur UMP Christian Demuynck transpose un règlement européen de 1994 sur la protection des obtentions végétales, jusqu'ici nullement en vigueur en France. Conséquence : les semences de ferme, jusqu'ici tolérées, sont désormais légalisées... à condition de verser  une "rémunération aux titulaires des COV" – à savoir aux entreprises de semenciers , "afin que soit poursuivi le financement des efforts de recherche et que les ressources génétiques continuent d'être améliorées", dit le texte de loi. En sont exemptés les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales.

Depuis 2001, cette taxe est appliquée pour une seule espèce : le blé tendre. Nommée "contribution volontaire obligatoire", elle est empochée par l'interprofession des semenciers. L'agriculteur doit payer 50 centimes par tonne de blé lors de la livraison de sa récolte. Ce système devrait donc être étendu à 21 espèces, dont la liste reste ouverte, assure Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), sur le site du syndicat.

En somme, pour Guy Kastler <http://www.lemonde.fr/sujet/4916/guy-kastler.html> , délégué général du réseau Semences paysannes et membre de la Confédération paysanne, "pour la moitié des espèces cultivées – le soja, les fruits, les légumes… –, il est interdit de réutiliser ses propres graines, et pour l'autre moitié – céréales et plantes fourragères –, il faut payer pour ressemer."
 

  • Vers une privatisation des semences ?

Plusieurs associations écologistes et paysannes craignent ainsi une mainmise accrue de la filière semencière sur l'accès aux graines, via un droit de propriété étendu aux récoltes et aux graines qui en sont issues. Avec la taxe, "même les agriculteurs qui se passent des semences commerciales doivent payer pour ces semences", déplore Guy Kastler. Le militant redoute que la part des semences de ferme ne s'amenuise, à mesure que ces dernières deviennent plus chères et donc moins intéressantes pour l'agriculteur. Entre cette taxe et l'interdiction de ressemer ses propres graines, l'agriculteur est de plus en plus incité, non plus à produire, mais à acheter ses semences. D'où la crainte d'une dépendance accrue aux entreprises semencières.

Mais du point de vue de Xavier Beulin, la contribution de tous à la recherche sur les espèces cultivées se justifie, dans la mesure où même les semences de ferme en sont généralement issues. Dressant un parallèle avec la loi Hadopi visant à "protéger les créateurs" de films et de musique, le président de la FNSEA estime qu'il est "normal que [ceux qui utilisent des semences fermières] participent  aussi au financement de la création variétale, puisqu'ils en bénéficient". Opposé à cet argumentaire, le syndicat Coordination rurale <http://www.coordinationrurale.fr/semences-de-ferme-xavier-beulin-un-semencier-en-confusion-dinterets.html>  relève sur son site que Xavier Beulin n'est pas seulement à la tête du premier syndicat agricole. Il dirige aussi le groupe Sofiprotéol <http://www.sofiproteol.com/activites/gestion-de-fonds-dinvestissement/strategie-dinvestissement/semences-et-biotechnologies/> , "qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain...)".
 

  • Vers une perte de biodiversité ?

Autre crainte : l'impact de cette mesure sur la diversité agricole. Certes, ressemer une même variété – presque toujours issue de la recherche – n'accroît pas, a priori, la biodiversité. D'autant que "pour les grandes cultures, aucune variété utilisée n'est le fruit d'une conservation ancestrale ; toutes ont été développées grâce à la création variétale", souligne Xavier Beulin.

Toutefois, ressemer sa récolte peut entraîner des variations dans l'espèce, et donc favoriser cette biodiversité, nuance Guy Kastler. "Des caractères nouveaux apparaissent, permettant à la plante d'être mieux adaptée au sol, au climat, aux conditions locales. Il est alors possible de réduire les engrais et les pesticides. A l'inverse, les semenciers adaptent les plantes aux engrais et aux pesticides, qui sont partout les mêmes." Ils tendraient donc plutôt à créer de l'uniformité dans les plantes, où qu'elles soient cultivées.
 

  • Vers le régime du brevet ?

Le COV est, en France, une alternative au brevet sur le vivant, en vigueur aux Etats-Unis par exemple. Ce droit de propriété intellectuelle est détenu par les entreprises ayant obtenu, par la recherche, les espèces cultivées, et qui jouissent donc du monopole de la vente des semences de cette espèce avant qu'elle ne tombe dans le domaine public – comme c'est le cas d'environ 450 d'entre elles en France. D'aucuns, comme Guy Kastler, craignent un glissement vers ce régime du brevet, en limitant le droit des agriculteurs d'utiliser librement les semences protégées.

Toutefois, à la différence du COV, le brevet interdit complètement aux agriculteurs de ressemer leur récolte, indemnités ou pas, note Delphine Guey. C'est le cas des variétés OGM de la firme américaine Monsanto qui, selon Marie-Monique Robin dans le documentaire Le Monde selon Monsanto <http://www.arte.tv/fr/1912794.html> , a même créé une sorte de "police des semences" spécialisée dans la traque des agriculteurs semant ou échangeant illégalement les graines qu'ils récoltent.

Autre différence avec le brevet, le COV permet aux obtenteurs d'utiliser librement une variété protégée pour utiliser ses ressources génétiques et en sélectionner de nouvelles. Ainsi, travailler sur un gène d'une espèce ne permet pas de la breveter et donc de se l'approprier totalement. Une distinction qui a permis, selon Delphine Guey, de préserver une diversité d'entreprises semencières françaises. Et donc de laisser aux agriculteurs un plus ample choix d'espèces à leur disposition. Toutefois, si le brevet des espèces vivantes n'est pas de mise en France, le brevetage des gènes des plantes y est, lui, de plus en plus pratiqué.


 Angela Bolis

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:16
Le lundi 7 décembre 2009
A partir de 17 h 30 en haut des escaliers de la Gare St Charles, Marseille
Rassemblement pour marquer l'ouverture du Sommet de Copenhague.


Et le samedi 12 décembre 2009
A 14 h, Porte d'Aix, Marseille

Manifestation internationale pour un traité de Copenhague CONTRAIGNANT,
JUSTE et EFFICACE.


Tous les signaux enregistrés par les scientifiques depuis les années 90
confirment les pires craintes : un bouleversement climatique majeur déjà
visible est en cours, incontestablement lié au modèle économique existant et
au productivisme des activités de l¹ère industrielle.

A quelques jours du début de la conférence de Copenhague, le collectif
Urgence Climatique Justice Sociale considère que les mesures mises en oeuvre
et prévues par les différents États face au changement climatique sont tout
à fait insuffisantes.
Considérant que le réchauffement climatique met en danger les moyens
d¹existence et les vies de milliards d¹êtres humains, et menace d¹extinction
des millions d¹espèces, le collectif appelle à une action urgente et
radicale. Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires. Le
nucléaire et les agrocarburants ne peuvent en aucun cas être la solution.
Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire
montrent que les moyens financiers existent. Les mesures à prendre doivent
être débattues démocratiquement et faire l¹objet de politiques publiques
audacieuses.
Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire
vers des économies écologiques, au Nord comme au Sud.

Plus d'info sur http://urgence-climat-13.over-blog.org
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 13:55

Et bien voilà, dans moins de 3 mois s’ouvrira le Sommet de Copenhague sur le changement climatique : nos chefs de gouvernements vont prendre des décisions importantes et fixer les objectifs de réduction d’émission de CO2 pour les années à venir.

Les scientifiques sont assez pessimistes et nous devons peser de tout notre poids de citoyens pour exiger un moindre mal pour notre chère planète… puisque de toutes façons le réchauffement est en marche et le retour en arrière n’est plus une option aujourd’hui…

Dans quelques décennies, au rythme où nous allons, des pays entiers, des îles vont disparaître à cause de la montée des océans : leurs habitants vont fuir la noyade et chercher refuge sur les territoires voisins à l’abri pendant quelques décennies supplémentaires. Ces réfugiés climatiques auront tout perdu, tandis que certains se feront la guerre pour les derniers barils de pétrole disponibles. Des espèces végétales et animales disparaîtront, détruisant l’équilibre de certains écosystèmes ; alors bien sûr, il y a de quoi être pessimiste.

Qui voudrait faire partie de ce monde là ?

Mais moi, face à tous ces enjeux graves, je veux vous exprimer aussi mon regain d’espoir. Notre planète est en danger et nous sommes à un instant critique de notre ère : nous avons un choix responsable à faire face aux enfants qui grandissent : construire un nouveau monde, plus sain, plus humain, plus respectueux de notre environnement, plus responsable, plus agréable à vivre… tout simplement. J’ai envie de faire partie de cette aventure. J’ai envie de me bouger pour contribuer, même modestement, à l’écriture de cette nouvelle page. Il s’agit d’un acte de création collectif où, pour une fois, il est offert à chacun de laisser libre cours à son imagination car toutes les bonnes intentions sont bonnes. J’ai de l’espoir car nous sommes au pied du mur et c’est peut-être dans ces instants là que l’Homme est le mieux capable de réagir, de solliciter son instinct de survie pour trouver des solutions adaptées. Dans le monde insipide et oppressant où nous vivons, les bonnes nouvelles sont rares…. Agir pour contribuer à protéger la planète est pour moi une belle source de réjouissance !  

Pour en savoir plus sur les conséquences du réchauffement climatique à Marseille, rendez-vous le samedi 10 octobre à 11h, quai des belges…

Prenez vos palmes, votre masque et votre tuba… on fera une visite sous-marine de Marseille… :o)

Je vous demande juste de prendre encore quelques minutes si vous pouvez pour aller signer l'appel pour la réduction drastique des gaz à effets de serre à l'adresse suivante http://www.copenhague-2009.com

Il ne s'agit plus d'empêcher le réchauffement climatique (qui est en marche et irrémédiable), mais de faire pression sur nos gouvernants pour qu'ils aient le courage de prendre les bonnes décisions afin que la hausse de température ne dépasse pas les 2 degrés d'ici 2050... Pour plus de détails, allez consulter le simulateur (assez parlant !)

http://climat.meteofrance.com/chgt_climat/simulateur/simclim
Enfin, surtout, parlez-en, faites du tapage à ce sujet. Le Sommet de Copenhague est très bientôt et l'enjeu est de taille. Les citoyens doivent se faire entendre ! On est tous concernés !Enfin

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Published by Sandrine - dans Nature
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 16:57

Bonjour à tous,

En partenariat avec Ecoforum MARSEILLE, les écoles de quartier et diverses associations, une manifestation a été décidée pour attirer l'attention l'avenir du parc Longchamp.

Marseillais et autres citoyens sommes tous concernés par la destruction d'une grosse partie du parc, au profit d'un promoteur immobilier.

Le parc ne peut devenir un parking de 5 étages !


La manifestation aura lieu l'après-midi du Samedi 14 Février 2009 à 14h00 Le jour des amoureux … des arbres et de Marseille !

L'enjeu est important : il s'agit du seul point vert en centre-ville.


Merci de faire tourner ce mail et de diffuser l'info.

Le tract est téléchargeable sur le site dont voici l'adresse :

http://www.parc-longchamp.org

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Published by Ghislaine - dans Nature
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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 13:23
Histoire de bien attaquer 2009 , je monte skier dans le journée du 2 janvier 2009, aller-retour dans la journée a Vars. J ai 2 places disponible, et je pars depuis pertuis vers 7h30 .
Il est possible de se rejoindre directement la-bas ! 
a + cyril.
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Published by Jack & Cyril - dans Nature
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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 14:06

vendredi 27 juin : soirée GOELEN

Que diriez vous d'une soirée ensemble ?

Il s'agit d'un apéro-dinatoire sur le Goelen, bateau amaré au quai des Belges, en bas de la Canbière, où chacun amène quelque chose : hors d'œuvre, plat (merguez, chipolata, brochette), dessert, boisson (eau, jus de fruit, vin, apéritifs, …) et une PAF (Participation Aux Frais) de 3 euros.

Ceux qui sont déjà des nôtres pourront ainsi en profiter pour s'organiser pour de nouvelles activités …

Nous pourrons vous donner des informations sur Marseille, notre opération Mer Limpide Turquoise, vous parler de notre association et de ses membres.

Vous pourrez adhérer, vous inscrire à des activités (soirée sur le bateau Liberté III, WE au Frioul, dans les calanques, balades en mer, randonnées, éco-balades, resto, sorties entre adhérents, …)

Inscription : sur le blog à la suite du billet http://goelen.marsnet.org/ - info@goelen.org

Inscription et/ou confirmation par tél. à Maryse : 06 24 35 05 73 / à Jean Michel : 06 10 23 44 16 / à Lionel : 06 85 47 33 13

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Published by Christine - dans Nature
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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 12:02

Bonjour les enfants,

Et oui vous attendiez ça avec impatience après 10 bons mois d'absence, mais ça y est c'est pour très bientôt, plus que quelques semaines et en étant optimiste plus que quelques jours pour enfin manger les pieds nus sur le sable du Prophète.

Je vous annonce donc l'ouverture officielle des pic niques de la plage du Prophète le vendredi 4 juillet à partir de 18h30 où chacun pourra venir avec femme, mari, enfants, maîtresse, amants et partager ou faire découvrir ses talents culinaires aux autres membres pic niqueurs... :o)

Pas besoin de répondre à ce mail, c'est l'avantage de pouvoir se désister à la dernière minute, vous noter cette info dans votre agenda et si vous êtes libre et que le coeur vous en dit alors rendez vous au 4 juillet !

Bises
Rémy

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Published by Emmanuelle - dans Nature
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:41

Bonjour tout le monde !

Julien (le cousin) aura 24 ans le 1er mai. Il propose de fêter ça soit chez lui à Auriol, soit au pub O'Brady's. Bien sûr, tout le monde est invité. Merci de me dire votre préférence avant le vendredi 23 par mail à emmanuelle.gautheron@ccimp.com. Je ferais un commentaire pour confirmer le lieu.

Bises à tous et bon week end !!!

Emmanuelle

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 10:16

Mettez du sang dans votre moteur!
La tragédie des nécro-carburants

Alors que quelques pantins s'agitent frénétiquement dans l'arène électorale, l'arène véritable (au sens latin du terme: “arena”, “sable”) recouvre inexorablement la terre de son linceul stérile. Ces démagogues, de tous bords, promettent toujours plus de croissance: plus de salaires, plus de vacances, plus de travail, plus de consommation et bien sûr, plus de sécurité contre un ennemi inexistant: le seul terrorisme étant alimentaire et ce sont eux qui l'ont mis en place.

Campagnes d'intoxication

Au Salon de l'Agriculture 2007, une partie du hall 2 s'était transformée en salon de l'automobile! Ils étaient tous là, Peugeot, Ford, Renault, etc. Avec des grosses planètes qui pendaient du plafond et des petites fleurs peintes sur les portières des voitures. Emouvant: ils clament haut et fort qu'ils vont sauver la planète avec l'éthanol et les huiles de colza!

Les grands slogans sont lancés: biodiesels, biocarburants, or vert, carburants verts, "le carburant qui voit la vie en vert"... L'édition spéciale Ford des Cahiers de l'Automobile titre "Bio-Carburants", Bio faisant 7 cm de hauteur et carburants faisant 1,5 cm de hauteur: les grands pièges de la sémantique pour endormir le peuple. Le même magazine en page 7 titre "le bio en 40 questions". Quel "bio"? Est ce une nouvelle abréviation pour "biocarburant"? Plus l'intoxication est grosse, mieux elle passe! Pourquoi se gêner?

Les 40 questions sus-dites concernent les agro-carburants et nous apprenons que l'éthanol ne se boit pas (aucun risque d'accroître l'alcoolisme dans ce pays!), que l'utilisation des pesticides baisse depuis 10 ans (témoin l'accélération du nombre de cancers!) et que la baguette de pain ne va pas augmenter! Il est vrai que si la baguette augmentait de 100 % comme la tortilla au Mexique, les Français tortilleraient du nez. Il ne faut mieux pas toucher à la baguette!

Nous apprenons également que les carburants végétaux n'ont pas été développés plus tôt parce que "le contexte économique, politique, énergétique n'était pas jusqu'ici favorable". En clair, parce que les pétroliers ne l'avaient pas encore décidé!

Mais le contexte politique a évolué. Un candidat présidentiable propose même en France une "pastille bleue", bleue comme la Terre (vue de très haut, sinon, c'est moins bleu!) pour favoriser les véhicules au "biocarburant" avec une petite ristourne au péage et des stationnements gratuits. C'est bien mignon, tout cela!

L'attribution du terme "bio" pour les nécro-carburants gagne en tout cas du terrain rapidement. Cela nous rappelle le syndrome des yoghourts de chez Danone. On trouve sur internet des publicités pour Volvo "Volvo fera du sport bio" ou pour Ford "Ford et Europcar roulent pour le bio!" ou pour Saab "300 chevaux écologiques". Certaines voitures roulant au carburant végétal ont même la mention "bio" peinte sur la carrosserie.

C'est le coup de grâce pour l'agriculture bio, d'autant plus que la pression des lobbies à Bruxelles cherche à imposer une agriculture bio de "seconde génération" avec une pincée de pesticides par-ci et une demi-pincée de chimères génétiques par-là! Les cahiers de charge de l'agro-bio sont en passe de devenir des cahiers de décharge! Pinçons-nous le nez.

L'industrie de l'automobile s'auréole, ad nauseam, d'une surenchère de slogans verdoyants. Saab vante une de ses voitures avec le logo suivant "Les forces de la nature auront toujours besoin de s'exprimer. Libérons-les." Koenigsegg présente une voiture comme "sa fleur à la tige puissante". Les rallyes deviennent "bios". Les voitures et les pneus "écolos". Les voitures deviennent "propres". C'est la "passion verte". Etc.

Inversion des valeurs. Perte de sens. Double langage. Dérives sémantiques.

Et si on proposait un moratoire sur les carburants végétaux!
Les carburants végétaux ne sont pas bios: ils sont issus de plantes cultivées avec toute l'artillerie lourde des intrants de l'agro-chimie et des pesticides. Les termes "biodiesel" , "bioéthanol" et "biocarburants" sont passés en un temps record dans le langage commun, suite à un énorme matraquage publicitaire et médiatique. Ces carburants végétaux sont obtenus grâce à des processus d'extraction industrielle très complexes. Le terme "bio" signifie "vie". On voit difficilement ce qui permettrait à ces carburants végétaux de mériter le préfixe bio. Parle-t-on de bioblé, ou de biotomate ou de biomaïs?

Nous sommes là au coeur d'une gigantesque arnaque sémantique. C'est bien plutôt de "nécrocarburants" , de "nécroéthanol" et de "nécrodiesel" qu'il faudrait parler. Nécro signifie mort et ce préfixe seul peut qualifier les aspects techniques, écologiques et humains de cette sinistre farce.

Les carburants végétaux ne sont pas verts, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur du sang. Ils vont accroître l'immense tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l'érosion des sols, de la désertification, de la pénurie en eau, etc.

Les grands groupes pétroliers qui se sont alliés aux grands groupes de l'agro-alimentaire et aux grand groupes de l'agro-chimie et aux grands groupes semenciers pour lancer cette farce grotesque tentent de tranquilliser le citoyen en prétendant que les carburants végétaux ne représentent aucune "concurrence pour les filières alimentaires".

Dans la série "tchou-tchou" soporifique, l'Aficar (Agence française d'informations et de communication agricole et rurale) a lancé en février 2007 le "Train de la terre" avec l'incontournable wagon sur les carburants verts. L'Aficar doit "promouvoir une image positive, dynamique et innovante de l’agriculture" selon le ministre Bussereau et elle doit rassurer les citoyens sur la qualité des produits agricoles. Ce qui n'est pas une tâche aisée, surtout lorsque le dit citoyen découvre l'ouvrage passionnant de Nicolino et de Veillerette: "Pesticides: révélations sur un scandale français".

Quels seront les courageux journalistes qui vont se lancer dans la rédaction d'un ouvrage "Carburants végétaux: révélations sur un scandale mondial"?

Désertification et Erosion

Pas de "concurrence pour les filières alimentaires". Et pourtant, savez-vous:

·         que l'année 2006 fut déclarée par l'ONU "Année Internationale des Déserts et de la Désertification".

·         que les activités agricoles génèrent une érosion telle que, chaque seconde, ce sont 2420 tonnes de sol qui partent dans les océans ou dans les vents.

·         que chaque heure de la journée, ce sont 1370 hectares de terres qui sont désertifiées à jamais.

·         que 36 000 personnes meurent de faim tous les jours.

·         que, selon la FAO, la surface moyenne de terre arable par habitant était de 0,32 hectare en 1961/1963 (pour une population mondiale de 3,2 milliards), de 0,21 hectare en 1997/1999 (pour une population mondiale de 6 milliards) et sera de 0,16 hectare en 2030 (pour une population mondiale estimée à 8,3 milliards).

·         que, selon certains experts indépendants, les projections ci-dessus sont hautement optimistes car la surface moyenne de terre arable par habitant dans les pays pauvres sera seulement de 0,09 hectare en 2014.

·         que ces mêmes experts n'ont pas pris en considération, pour leurs calculs, le boom des agro-carburants et les bouleversements climatiques.

·         que, selon la FAO, l'Inde perd chaque années 2,5 millions d'hectares de terres et qu'à ce rythme là, il ne restera plus un gramme de terre arable dans ce pays en 2050.

·         qu'au cours des 20 dernières années, environ 300 millions d'hectares (six fois la surface de la France) de forêt tropicales, ont été détruits pour implanter des domaines fermiers et des pâturages ou des plantations à grande échelle d'huile de palme, de caoutchouc, de soja, de canne à sucre et autres récoltes.

·         que, dans l'Iowa, le coeur de l'empire transgénique du maïs et du soja, les églises dans les zones rurales surplombent les champs d'1m50 parce que l'Iowa a perdu 1m50 de sol fertile en un peu plus d'un siècle.

Bilan négatif de l'éthanol

C'est d'ailleurs dans l'Iowa (à Goldfield et Nevada), en allant filmer des usines de production d'éthanol, que nous avons pu obtenir des chiffres précis quant au bilan énergétique de ce carburant végétal.

Voyez avec nous le désastre. L' usine de Goldfield transforme tous les ans 450 000 tonnes de maïs (pour produire 190 millions de litres d'éthanol) mais, pour ce faire, elle brûle tous les jours 300 tonnes de charbon (qui arrivent par camion de bien loin) et elle relâche benoîtement du CO2 dans l'atmosphère. Cela fait tousser les écologistes! Surtout avec 200 centrales de ce type qui se profilent à l'horizon aux USA. Le charbon, c'est pas très propre mais le gaz est tellement cher: alors certains envisagent de faire tourner les centrales d'éthanol au bois. Quitte à ce que les forêts des USA brûlent de sécheresse, autant les faire brûler dans les usines d'éthanol. Le problème restant que les forêts qui brûlent sont souvent situées à des milliers de kilomètres.

Tentons d'esquisser un bilan (provisoire) de la centrale de Goldfield dans l'Iowa. Pour produire 1 litre d'éthanol, il faut transformer 2,37 kilos de maïs, brûler 500 grammes de charbon et utiliser 4 litres d'eau.

Le Professeur Pimentel, de l'Université de Cornell (Ithaca, New-York) a prouvé déjà, depuis de nombreuses années, que le bilan énergétique basique de la production d'éthanol est complètement négatif car la production de maïs a un coût réel (intrants, pesticides, travail) sans parler de l'amortissement du matériel agricole qui n'est jamais pris en compte car le bilan serait par trop indécent. Bref, selon le Professeur Pimentel, le carburant végétal réchauffe davantage la planète que l’essence !

 

 

Et la facture cachée? Pas vu, pas pris

- Les agro-carburants vont accélérer la destruction des ecosystèmes en répandant encore plus d'intrants et de pesticides dans les sols, dans l'atmosphère et dans les eaux.
- Un litre d'éthanol entraîne l'érosion de 15 à 25 kg de sol: érosion, entendons-nous bien, signifiant disparition pure et simple, éradication.
- Qu'en est-il de l'eau? C'est le bouquet final. Il faut, selon les régions, de 500 à 1500 litres d'eau pour produire un kilo de maïs. Cela signifie que la production d'un litre d'éthanol à base de maïs requiert l'utilisation de 1200 à 3600 litres d'eau!

C'était, avant-hier, la journée mondiale 2007 de l'eau, lancée par la FAO avec le mot d'ordre: "Faire face à la pénurie de l'eau". Cette journée mondiale de l'eau est toujours l'occasion pour les grandes nations occidentales (qui exploitent sans vergogne les pays pauvres et qui leur vendent des armements) de verser quelques larmes de crocodile. Quelques larmes seulement: ne faut-il pas faire face à la pénurie de l'eau?

2,6 milliards d'humains sans assainissement, 1,3 milliards d'humains sans accès à l'eau potable et 3800 enfants qui meurent tous les jours de maladies liées au manque d'eau potable. Les optimistes invétérés nous rétorqueront sûrement que ces enfants sont déjà comptabilisés dans les 36 000 personnes qui meurent de faim tous les jours!

Rappelons également que l’agriculture consomme 90 % de l’eau douce du monde.

L'éthanol en France et dans ses nouvelles colonies éthanoliennes

Si l'on en croit l'actualité récente, Total (la première entreprise française) va sûrement tenter de troquer les pots de vin contre des pots d'éthanol. Le grand avantage de l'éthanol, c'est que les pétroliers (ou éthanoliers) vont pouvoir s'échouer sur les côtes bretonnes sans ruiner le tourisme! Une plage souillée à l'éthanol, cela fait plus chic. Les petits poissons ( si tant est qu'il en reste un peu) seront contents de participer à la lutte contre le réchauffement climatique. Qui, dans ces conditions, oserait demander des dommages et intérêts au prince?

Total affirme être le leader européen dans la production d'éthanol. Vive la France pionnière qui s'engage résolument dans les filières maïs, blé et betterave.

Le leader français de l'éthanol serait le sucrier Tereos, second sucrier mondial, qui a fusionné l'an passé avec un autre sucrier français, SDHF. En France, Tereos aurait obtenu 31 % des agréments français pour la production d'éthanol de betterave et de blé. Tereos serait actuellement le cinquième producteur mondial d'éthanol.

Tereos a ouvert en 2006 une distillerie de 3 millions d'hectolitres située dans l'Aisne. 90 millions d'euros ont été investis pour traiter 3 millions de tonnes de betteraves provenant de près de 40 000 hectares cultivés par 10 000 agriculteurs.

Tereos a pris des participations dans des entreprises sucrières en Afrique: c'est la première fois qu'une entreprise européenne sucrière s'implante en Afrique continentale. Ethanol oblige.

Au Brésil, Tereos va traiter 7 millions de tonnes de sucre en 2007. Tereos est devenu, en 2006, le 3ème producteur de sucre dans ce pays. Tereos envisage d'y traiter 18 millions de tonnes de canne à sucre, pour l'année 2012.

Soit dit en passant, les cours du sucre sont en train de flamber. A cause de l'éthanol. Rappelez-vous : pas de "concurrence pour les filières alimentaires". D'ailleurs Tereos annonce pour l'année 2006 une augmentation de 84 % de ses résultats. Et se dit tenté par la bourse! Les fonds d'investissement seraient très gourmands de sucre! C'est vraiment de l'or vert cet éthanol!

En République Tchèque, Tereos a ouvert une seconde distillerie d'éthanol de betterave à Dobrovice en octobre 2006 et prévoit l'ouverture d'une troisième.

Selon des nouvelles récentes, Tereos a remis une offre de reprise de quatre usines de TALFIIE, la division glucose Europe de Tate & Lyle. Cette reprise permettrait au sucrier de transformer en plus 2,6 millions de tonnes de blé et de maïs.

Tereos vient d'investir 130 millions d'euros dans une autre ethanolerie dans la Marne (ouverte en avril 2007) qui fonctionnera au blé: elle transformera 840.000 tonnes de blé pour produire 3 millions d'hectolitres d'éthanol.

Ce qui fait à la louche, ou à la pompe, 3 kgs de blé pour un litre d'éthanol. Qu'en est-il du bilan réel? Qu'en est-il de la facture cachée: destruction des sols par la chimie, érosion, épandage de pesticides, etc. L'éthanol de blé est il produit à partir de blé irrigué ou de blé non-irrigué? Il faut en moyenne de 1000 à 1500 litres d'eau pour produire un kilo de blé.

Ethanol et crises alimentaires

Nous recevons aujourd'hui-même un mail de nos amis au Guatemala. Le prix de la tortilla (aliment traditionnel à base de maïs) a augmenté de 80 %. La situation est identique au Mexique. L'augmentation de 40 à 100 % du prix de la tortilla entraîne de sérieuses émeutes dans tout le pays. Quelques années en arrière, les paysans ont cessé de produire leurs maïs traditionnels au Guatemala et au Mexique car cela revenait moins cher d'acheter la tortilla à la tortilleria industrielle que de cultiver sa "milpa" en raison du "dumping" de maïs (ogm) en provenance des USA.

Mais, aujourd'hui, la situation a changé: les USA gardent leur maïs (20 % de la récolte de maïs US est transformé en éthanol) et les Mexicains crèvent de faim!

Aux USA, les cours du maïs sont en train de flamber. Ils ont atteint, en début mars 2007, leur plus haut niveau depuis plus de dix ans, dopés par une demande croissante d'éthanol et une récolte états-unienne très médiocre. En 15 mois, le "bushel" (25 kgs) de maïs est passé de 1,85 dollar à 4,05 dollar ce qui représente une augmentation de 115 %!!!

Aux USA, entre 2004 et mars 2007, la production annuelle de blé est passée de 59 à 49 millions de tonnes, soit une baisse de 16 %. Quant à la production annuelle de maïs, elle est passée de 300 millions de tonnes en 2004 à une projection de 267 millions de tonnes pour 2007, soit une baisse de 11 %.

La production mondiale de blé, dans le même espace de temps, a chuté de 6% et celle de maïs a chuté de près de 3 %.

L' Australie, frappée de sécheresse, a vu sa production de blé chuter de 22,6 à 10,5 millions de tonnes de blé. Une baisse de 55 %!

Des voix commencent à s'élever qui évoquent une crise alimentaire aux USA, car l'augmentation du prix des céréales entraîne des effets multiples dans les chaînes alimentaires. Le coût d'un poulet, par exemple, est constitué à 40 % par le prix du maïs. Les prix augmentent parce que l'offre baisse, parce que la demande s'accroît (en raison de la production d'éthanol) et parce que certains aléas climatiques sont en train de semer le chaos dans l'agriculture!

Et les multinationales et les gouvernements voudraient nous faire croire que les agro-carburants ne représentent aucune "concurrence pour les filières alimentaires".

Ethanol de la honte

En Colombie, le président Bush vient de conforter ses alliances historiques avec le président Uribe. La Colombie est un pays pourri par les trafiquants de cocaïne et les exactions de l'armée, des milices et des guerilleros sont quotidiennes contre la population. La Colombie produit un million de litres d'éthanol par jour et envisage la création de 27 nouvelles centrales.

Nous avons récemment découvert un film sur les souffrances de certains peuples indigènes en Colombie. Nous y avons vu les populations bombardées par avion ou par hélicoptère. Lorsque les survivants déplacent leurs villages, leurs terres sont confisquées, déforestées et plantées en palmier à huile. Pour la production de diesel végétal pour les riches.

Au Brésil, (premier producteur mondial d’éthanol) le président Bush vient de signer une alliance historique avec le président Lula pour lancer une " OPEP de l’éthanol". Les industriels se frottent les mains et prévoient une augmentation de 55 % des surfaces de canne à sucre pour répondre à la demande US et Européenne. Dans ce pays, la production d'éthanol a été mise en place dans les années 1970, sous la dictature militaire. Le président Lula parle d'une "révolution de l'énergie". Certaines organisations parlent de catastrophe humanitaire et d'esclavagisme: quelque 200 000 migrants coupent à la machette la canne à sucre, 12 heures par jour dans des conditions de température torride et pour un salaire de misère. La nuit, ils sont entassés dans des baraquements sordides. Tous les ans, des migrants-esclaves meurent de chaleur ou d'épuisement. Ce sont les dommages co-latéraux de la fièvre de l'or vert.

Quel est le prix d'un migrant-esclave dans les monocultures de canne à sucre? Il n'a pas de prix et ne figure pas dans les tableaux d'amortissements. Ce n'est que de la chair à éthanol! Sugar Blues.

La déforestation est un autre dommage co-latéral et le président Lula da Silva porte mal son nom car sa révolution n'est pas très "sylvestre". Les forêts vont être encore plus détruites pour cultiver du soja transgénique, de la canne à sucre ou du palmier à huile. Pour la production d'éthanol ou de diesel végétal pour les riches.

L'entreprise française Tereos est-elle impliquée au Brésil dans l'esclavagisme moderne des monocultures de canne à sucre ou produit-elle de "l'éthanol équitable"? L'entreprise française Tereos est-elle impliquée dans les déforestations massives ou fait-elle du reboisement d'essences indigènes (lorsque les sols sont totalement détruits)?

Terres Vierges estampillées "Label aux barils dormants"!

L'Amérique latine constitue un énorme gisement pour la spéculation éthanolesque. Olivier Combastet, un banquier français qui a lancé Pergam Finance, un fonds d'investissement, affirme que «les centaines d'hectares de mais et de soja disponibles, par exemple en Uruguay, sont autant de barils dormants de carburant vert du style éthanol dont la demande mondiale devrait exploser dans les années qui viennent».

Tous les grands princes de la pétrochimie et de la finance "carburent vers" l'Amérique Latine pour réveiller la "Belle aux barils dormants"!

En effet, les experts estiment de 15 à 20 millions d'hectares les surfaces agricoles disponibles à l'achat en Amérique du Sud. La BNP a bien compris que cet éthanol représente une affaire très juteuse quand elle déclare que «les matières premières agricoles sont des actifs extrêmement peu chers, pour lesquels la demande est en train d'exploser et pour lesquels l'offre s'affaiblira. Leur situation aujourd'hui est similaire à celle du gaz naturel en 2000 : triplement des cours suite à un hiver très froid et une sécheresse qui avait réduit la capacité hydroélectrique».

En Asie, la course au pétrole vert tourne à la catastrophe. Selon les Amis de la Terre "En Indonésie, par exemple, le gouvernement prévoit de détruire 16,5 millions d’hectares de forêt tropicale pour planter des palmiers à huile ! En Malaisie, ce sont 6 millions d’hectares. A Sumatra et Bornéo, quelques 4 millions d’hectares de forêts ont été convertis en plantations de palmiers à huile. Même le fameux Parc National de Tanjung Puting au Kalimantan a été mis en pièce par des planteurs. Des milliers d’habitants de ces régions ont été expulsés de leurs terres et près de 500 Indonésiens ont été torturés lorsqu’ils tentèrent de résister. Toute la région est en train de devenir un immense champ de “pétrole” végétal". Pour le marché européen du "diesel végétal".

La primatologue Emmanuelle Grundmann a dénoncé récemment le scandale de la culture du palmier à huile en Indonésie. Elle vient de publier un ouvrage "Ces forêts qu'on assassine" aux Editions Calmann-Lévy.

Le totalitarisme éthanolien

Qui sont les grands humanitaires totalitaires qui font transpirer sang et eau pour lutter contre le réchauffement climatique? Toujours les mêmes! La réponse nous est donnée clairement par Mme. Dilma Roussef (chef du cabinet civil brésilien) quand elle affirme que les carburants végétaux sont l’expression du « mariage de l’industrie agricole avec l’industrie pétrolière ». N'oublions pas l’industrie biotechnologique: c'est un mariage à trois.

La société pétrolière BP vient de s'associer à la société de la chimie et de biotechnologie DuPont de Nemours afin de développer une nouvelle génération de carburant végétal. DuPont a racheté, en 1999, le N°1 de la semence hybride de maïs, la société Pioneer HiBred. DuPont était au début du 20 ème siècle le plus grand vendeur d'armements aux USA. DuPont est actuellement la seconde multinationale de la semence. DuPont est actuellement la quatrième multinationale de l'agro-chimie. DuPont commercialise un soja résistant à son herbicide "Synchrony". Quel joli nom pour un herbicide systémique!

Toyota vient de s'allier avec BP pour produire de l’éthanol au Canada à partir de la cellulose extraite des déchets.

Volkswagen vient de signer un accord avec la multinationale de l’alimentation ADM (Archer Daniels Midland Company).

Royal Dutch Shell est en train de développer une deuxième génération d'agro-carburants et fait des essais de raffinage d'éthanol à partir de lignine et de cellulose.

Cargill, la grande multinationale de l'agro-alimentaire s'est lancé dans la production de diesels végétaux.

etc, etc... Et les responsables gouvernementaux osent nous vanter "l'indépendance énergétique" des carburants végétaux!!!

Peut-être avec quelques aménagements?

On va nous rétorquer qu'il y a sûrement des aménagements à mettre en place.

Par exemple, les agro-carburants de "seconde génération" qui selon la revue sus-citée dans son article "A l'orée de l'or vert", «permettront d'éviter la concurrence des filières alimentaire et énergétique». Quelle concurrence de la filière alimentaire puisqu'on nous a martelé qu'il n'y en avait pas?

Nous sommes dans la même dialectique que pour les OGMs. Les sociétés d'assurance refusent d'assurer les chimères génétiques en agriculture qui pourtant ne présentent "officiellement" aucun risque sanitaire, aucun risque social, aucun risque agricole, aucun risque de contamination génétique, aucun risque d'empoisonnement alimentaire. Il est étrange que dans une société libérale, les assureurs ne veuillent pas assurer un "non-risque", l'équivalent "du beurre et de l'argent du beurre" dans leur profession!

Les agro-carburants de seconde génération seraient de la "biomasse": du bois, de la paille, des déchets agricoles et alimentaires et autres plantes tropicales.

La Révolution verte (verte par la couleur du dollar) a déjà mis en place (avec du prix Nobel à la clé!) ce type de turpitude en raccourcissant les pailles des céréales de la moitié ou des deux-tiers! Les résultats sont instantanés. Pas de paille, pas de compost à retourner à la terre. Pas de paille, pas de nourriture pour les animaux, pas de fumier, pas de compost à retourner à la terre. Et devinez qui se présente chez le paysans? Toujours les mêmes: Monsanto, Bayer, Syngenta, DuPont, etc, les grands humanitaires associés qui proposent, à des prix défiant toute concurrence, des intrants chimiques et des pesticides. Et 40 ans plus tard, toujours les mêmes, avec des semences trafiquotées (pardon améliorées!) qui ce coup-ci, (juré, sur la tête du banquier!) vont résolument et définitivement solutionner le problème de la faim dans le monde.

L'affaire est simple: toute biomasse qui est brûlée pour produire de l'éthanol pour les riches est de la biomasse qui ne retourne pas à la terre. Dans un milieu tempéré, il faut 500 ans à l'écosystème pour recréer 2,5 cm de sol.

Nous répétons que 2420 tonnes de sol partent dans les océans, chaque seconde. Le temps de lire et de digérer cette phrase et ce sont 10 000 tonnes de sol qui sont allées rejoindre les océans, à tout jamais. Pour accentuer la prise de conscience, nous nous permettons de préciser qu'une tonne équivaut à 1000 kilos.

Et les filières courtes? A la lecture de cet article, des amis nous écrivent déjà pour nous parler des filières courtes de production d'huile qu'ils tentent de mettre en place pour lutter contre l'usage dévastateur du charbon de bois et de la déforestation. Par exemple au Cambodge. Tout en nous précisant que le pays est dans un état de totale insécurité alimentaire. Que faire?

En France, des associations se mettent en place pour gérer des filières courtes de production d'huile pour du diesel végétal. En bref, pour produire du biodiesel bio. Notre question est: avec quels fondements? Nous avons déjà parcouru des articles sur les filières courtes d'huile qui préconisent, par exemple, le tournesol parce qu'il demanderait moins "d'intrants".

Les gros mots sont lâchés. "Moins d'intrants". Dans l'agriculture, un intrant est quelque chose que l'on fait entrer parce que quelque chose est sorti. On nous pardonnera, nous l'espérons, l'analyse des mots. Avec le terme intrant, nous sommes encore dans le même paradigme occidental: l'obsession de l'extraction. Dans ce cas précis, on "extrait" dans un "ailleurs" non localisé (mais de préférence un pays pauvre, c'est moins cher) de la biomasse que l'on va faire pénétrer dans un champ pour remplacer ce que l'on a "extrait" de la terre, en l'occurrence du diesel végétal.

2420 tonnes de sol partent dans les océans, chaque seconde. Notre obsession ultime devrait être la production d'humus. Nous devrions appliquer notre génie humain à la production d'humus. Pour ce faire, il faut bien sûr faire croître des plantes, avec des pratiques agro-écologiques bien précises et pourquoi pas, donc, des plantes à huile. Pourquoi pas? Même sur une planète dans un état de famine?

Les questions d'éthique et de solidarité planétaire dépassent le cadre de cet article. Et en France, nous sommes mal placés pour donner des leçons car notre pays est le troisième exportateur mondial d'armements qui vont détruire les populations civiles.

La civilisation occidentale détruit ses sols et dépense tous les ans des centaines de milliards de dollars pour ses machines (et ses hommes) à tuer. La civilisation occidentale est une civilisation mortifère.

Les chimères génétiques au renfort des carburants végétaux

Les grands gagnants de cette arnaque agricole du siècle sont bien sûr les multinationales "transgéniques".

Aux USA, 70 % du maïs et du soja sont modifiés génétiquement.

En Amérique du sud, Monsanto détient le contrôle absolu avec son soja transgénique résistant au round-up, un des herbicides les plus cancérigènes et mutagènes au monde.

Les multinationales "transgéniques" sont en train de tester des variétés conçues spécifiquement pour la production d'agro-carburants. Ainsi, Monsanto développe un maïs uniquement destiné à la production de carburant végétal dans un laboratoire détenu par Lockheed Martin. De même pour Syngenta qui a mis au point un enzyme alpha-amilase exprimé dans le maïs 3272. Cet enzyme alpha-amilase est considéré comme un allergène important. Si les gènes qui le synthétisent réussissent à s’introduire dans la chaîne alimentaire, que va t-il se passer? Se rappelle t-on des drames provoqués par le maïs starlink aux USA?

Aux USA, une canne à sucre chimérique fut présentée en 2005: contenant un gène humain, elle permet de produire une protéine "thérapeutique". Pas pour l'éthanol. Un gène humain dans l'éthanol, cela ferait peut-être même toussoter le moteur.

Au Brésil, la canne à sucre transgénique est dans l'air (saturé de round-up!) du temps. La société "Centro para la Tecnología de la Caña" (localisée à Piracicaba) a obtenu le 20 mars 2007, de la part de la Commission de "Biosécurité", l'autorisation pour des essais en plein champ d'une variété de canne à sucre génétiquement modifiée. Cette variété serait capable de produire 15 % de plus de sucre. Selon la compagnie Brésilienne, cette variété a déjà fait l'objet de tests intensifs en milieu confiné. La CTC attend l'aval pour deux autres variétés chimériques. La CTC envisage de poursuivre ses tests intensifs en plein champ pendant quelques années et d'introduire sur le marché ses cannes à sucre chimériques en 2010.

Elle n'et pas la seule dans la course. Une autre société Brésilienne "Allelyx" attend l'aval de la commission pour plusieurs variétés transgéniques. La société Brésilienne Embrapa vient de se déclarer également très intéressée.

Selon les rumeurs, Monsanto se serait déjà associé à deux sociétés brésiliennes pour lancer de la canne à sucre transgénique sur le marché. Le porte-parole de Monsanto a déclaré que « il y a des études de développement, parce que c'est un marché intéressant, mais rien de spécifique pour l'instant ... et rien d'officiel pour l'instant ». Pas d'illusion, cela fait sans doute 10 ans qu'ils bricolent des chimères de canne à sucre dans leurs laboratoires. Lorsque ce sera "officiel", les consommateurs seront mis devant le fait accompli, comme d'habitude.

En Europe, la Confédération des industries agro-alimentaires de l’Union européenne (CIAA) a demandé à la Commission Européenne d’autoriser l’importation de nouvelles variétés de colza génétiquement modifié pour la production du diesel végétal.

En Malaisie, les apprentis-sorciers n'ont pas oublié le palmier à huile. Dans les pays tropicaux, cet arbre est au diesel végétal ce que la canne à sucre est à l'éthanol. En l'an 2000, ils annonçaient déjà leurs premiers succès de transferts génétiques. Heureusement que ce palmier n'est pas pressé de croître: les premiers palmiers à huile chimériques ne seraient pas annoncés avant 2020.

Nul besoin de consulter l'Oracle pour voir le danger des chimères génétiques resurgir sournoisement au détour des carburants végétaux.

Il est vrai qu'en France, la plupart des présidentiables (sauf un notoire, suivez mon regard!) se sont prononcés pour un moratoire sur les OGMs. Nous espérons qu'ils se sont engagés aussi pour un moratoire sur les OGMs éthanoliens.

Nous espérons surtout que l'Elu du Peuple tiendra ses promesses. Rappelons nous: le président du Brésil, Lula da Silva fut élu, lors de son premier mandat, avec la promesse qu'il n'y aurait jamais d'OGMs dans son pays! Un joli conte de fée ou un film d'épouvante?

Un Tsunami alimentaire

On ne peut que répéter que le propos des entreprises capitalistes n'est pas de produire des aliments, ou des carburants végétaux ou de l'information: il est de produire de l'argent, des bénéfices. Point.

Nous assistons, avec la folie des carburants végétaux, à une terrifiante et ultime (peut-être) concentration des grands capitaux entre l'agro-chimie, les nécro-technologies, l'agro-alimentaire et les sociétés pétrolières, avec la complicité bienveillante des états.

S'il est plus profitable de produire des carburants végétaux que des aliments, le grand capital s'orientera vers les carburants végétaux.

Pierre Rabhi, dans le manifeste qu'il vient de rédiger pour fédérer un comité de soutien autour de Kokopelli, évoque un "tsunami alimentaire". Avec 36 000 personnes "décédant" de faim (donc de manque de nourriture!) tous les jours, la planète Terre est dans un état de famine. Si l'on peut se permettre une comparaison, 36 000 personnes représentent 12 fois le nombre de personnes décédées dans les 2 tours en septembre 2001!

Les mourants de faim décèdent dans l'indifférence la plus générale. Et on ne parle pas des victimes de malaria, de manque d'eau potable, etc. Pas de surenchère sur la chair humaine!

Les agro-carburants sont une ignominie de plus dont se rend coupable la société occidentale. Les agro-carburants vont intensifier l'état de famine de cette planète.

Le grand Capital vient de découvrir le problème du réchauffement climatique! Il met tant d'ardeur à le médiatiser qu'on croirait presque qu'il l'ait inventé! Le "Réchauffement Climatique": une marque déposée du grand Capital!

Après avoir oeuvré, pendant des dizaines d'années, à transformer cette belle planète en poubelle agricole et industrielle, le Capital, mû par une inspiration soudaine et quasi-mystique, brandit, en toutes directions, le spectre des bouleversements climatiques (toujours avec la complicité des états et de certains medias bien complaisants) et nous propose, dans sa grande mansuétude, une solution qui va sauver la planète: les carburants verts.

Grâce à une vaste campagne de narcose collective, le grand Capital accumule des dividendes, se donne une image verte, se concentre encore
un peu plus et rigole!

Dominique Guillet. 24 mars 2007


www.kokopelli.asso.fr

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Published by Carole - dans Nature
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