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Whoua !!! Nom de Diou !!! C’est quoi ce truc ? C’est quoi cet OVNI ?!? C’est à vous que je parle, oui, vous, ceux qui savent mettre leurs cerveaux en position off, ceux pour qui « Blair Witch Project » a été un souvenir mémorable de trouille viscérale et « Godzilla » un film ultra généreux à défaut d’être intelligent… Les autres, bah, on va pas leur mentir, « Cloverfield » n’est pas franchement pour eux…
On va faire rapide ( mais efficace ) sur les présentations : Matt Reeves, le réalisateur ( et aussi scénariste de « The Yards » de James Gray, ça vous en bouche un coin, non ? ), n’a pour l’instant tourné que pour le petit écran, et c’est certainement là que notre p’tit gars a du croiser M. J.J. Abrams, vous savez, le producteur derrière « Lost », la série qui fait tripper même si on ne comprend plus rien dés la 2nd saison. Et tous les deux, un jour, ils se sont dit : « Et si on lancé un super buzz sur le web ? On parle d’un gros truc qu’on sait pas ce que c’est qui détruit Manhattan, et si ça marche, on écrit l’histoire après, t’en penses quoi ? ». L’autre a certainement dit : « Super !!! », et c’est comme ça qu’avant même les premières images, le film était déjà certain de rentrer dans ses sous… Mais quel film ! Bon, alors, c’est certain, le trois quart du temps, on se fait un peu chier. La présentation des personnages est ultra lente et conventionnelle : déjà que les histoires de cœur à la sauce américaine me font chier filmées en cinémascope et 35 mm, alors en DV style « film souvenir », j’vous raconte pas… Mais lorsque ENFIN ça déboulonne de partout, lorsque Manhattan est à feu et à sang, nom de diou de nom de diou !!! Allez, ça prend peut-être 15 min sur l’ensemble du film, c’est sûr, c’est trop peu, et c’est aussi le principal défaut du film, tant le reste est plat et sans psychologie, mais je vous jure mes grands Dieux, que je serais prêt à payer 10 € uniquement pour voir sur grand écran uniquement ces purs instants de bonheur. Parce qu’on n’a jamais vu ça. JAMAIS. Et j’irai même plus loin : prenez votre ticket, et allez bouffer une crêpe. Revenez dans la salle au bout d’une heure, juste pour voir la scène de l’évacuation en hélicoptère. Moi, j’en frémis encore, j’ai cru que j’allais pleurer dans mon siège, parce que Reeves et Abrams m’ont enfin filé LE plan que je rêvais de voir, le truc EN-OR-ME qu’aucun autre réal’ n’avait réussi à faire ( sauf peut-être Gans dans « Silent Hill » ) : une vision de l’enfer sur Terre…
Mais là où le film ( en tant qu’objet, pas en tant qu’œuvre ) est encore plus intéressant c’est qu’il est un instantané de l’Amérique de nos jours. Petit court ( tout petit ) d’histoire…
En 1954, le Japon, par le biais du réalisateur Ishirô Honda, enfante de « Godzilla », exorcisme kitsch des horreurs de Hiroshima et Nagasaki, aujourd’hui ancré dans la culture nippone. Même si le cinéma américain avait déjà abordé le 11/09 dans ses films, il ne l’avait jusqu’alors jamais fait de manière si évidente, si digérée. La scène de la première attaque semble littéralement pompée sur ces images traumatisantes des passants errants dans les rues tels des zombies recouverts de poussière, que la télé nous avez transmises en boucle. Et à cela J.J. Abrams rajoute une couche en multipliant les allusions aux médias, avec ces gus qui, en pleine catastrophe, sortent leurs téléphones portables pour ne rien manquer. Non pas que le réal’ soit un auteur qui s’érige en messager, mais on ne peut nier que le film reflète peut-être mieux que beaucoup d’autres le malaise toujours immense causé par l’horreur du terrorisme, comme ce fut ( et c’est toujours d’actualité ) le cas avec les bombes et le Japon.
Enfin, bon, le film reste quand même une bonne grosse série B, toute flagada niveau psycho, mais je vous promet que 15 minutes de cette trempe, avec en plus un final assez loin des éternels happy ends, ça vaut bien 1 heure de glandouille… Putain de putain de putain de 15 min !!!!